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Thérapies et suivi médical

Nécessité d’un travail psychothérapeutique pour les tca

Pourquoi entreprendre un travail psychothérapeutique ?

Il est la base pour que les autres thérapies, ou actions soient réellement bénéfiques.

En effet, il ne s’agit pas seulement de retrouver un poids et un comportement alimentaire « normaux», l’enjeu est plus vaste et plus riche que cela. Il s’agit de reprendre une évolution psychique bloquée.

Il est nécessaire de prendre conscience, profondément, de ce que signifie le trouble, comment et en quoi il s’inscrit dans l’histoire personnelle, et familiale, quel est son ressort, à quoi il sert, car un symptôme est utile…il faut revenir à la source pour trouver pourquoi le tca s’est mis en place.

Le tca n’est pas seulement un trouble corporel et comportemental : trop manger, ne pas assez manger. Il s’agit d’un trouble psychique, bien sûr, qui a rapport avec la phase orale de l’évolution psychique, la représentation du corps, le lien entre le féminin et le masculin, les enjeux de la tranche d’âge concernée (souvent l’adolescence, ou le début de la vie adulte), l’avènement de la sexualité, l’attente ou la place par rapport à la famille, la place dans le groupe des pairs, les désirs en plein changement, et, plus généralement même, le sens de la vie.

Souvent à un âge où la question du sens est si cruciale. Où le regard sur le monde extérieur s’aiguise.

Restriction, abondance, rationnement, engloutissement, sale (sentiment d’être sale), contrôle (des émotions, de la parole)  gouffre, vide, trop (de kilos, de formes, de graisse, de nourriture…) tous ces mots, familiers des tca, ont des significations profondes, véhiculent des symboliques qui possèdent un versant personnel et un autre universel ; cela parle à tout le monde. Mais tout le monde « n’entre pas en tca ».

Le tca est un « mal » en recrudescence qui porte en lui  nos contradictions majeures. La personne présentant un tel trouble est un être d’une grande sensibilité, qui possède en quelque sorte des « antennes » branchées sur le monde extérieur. Mais elle ne sait pas gérer ce qu’elle capte et ressent. C’est trop pour elle.  A force de porter, de ne pas parvenir à lâcher, à se délester, elle finit par ne plus rien pouvoir assimiler de plus.  Alors elle maigrit, par exemple. Sentiment, illusoire au fond, mais bien réel  corporellement, d’allègement.

Le tca, comme tout symptôme, s’installe pour répondre à des peurs à vivre inconscientes. Le trouble sert ainsi de béquille, pour ne pas affronter quelque chose de plus lourd à gérer, à ce moment là. Cette réponse est gratifiante, plaisante, au début : on se plait, on se trouve plus jolie, on a plus de confiance en soi. On a plaisir à maîtriser son alimentation et son poids, donc son apparence, ainsi on croit maitriser mieux sa vie.

Mais très rapidement, la gratification tourne au cauchemar. Le trouble devient une contrainte, une obsession, une perte totale de tout contrôle, justement le contrôle tant recherché est anéanti..

Rien n’est indifférent, rien n’est anodin. Cela signifie que se trouver ainsi prisonnier de soi-même représente un danger. Le danger physique bien sûr, et les témoignages nous indiquent quelles souffrances subit le corps et parfois dans quelle urgence vitale il se trouve. Et le danger psychique de déstructuration, de dépression, de déstabilisation permanente, de décompensation, indissociable du danger physique.

Dépasser ses freins

La réticence fréquente à venir en psychothérapie pour une personne ayant un tca est lié à sa difficulté à symboliser, à porter un regard intérieur sur ce qui se passe en elle, à donner du sens à tout cela.  Coupée de ses sensations émotionnelles et corporelles, elle voudrait être pur intellect et se regarde presque vivre comme si elle  s’observait de l’extérieur. Le chemin psychothérapeutique consiste à se replacer à l’intérieur de soi, à observer son moi, à s’occuper de lui, enfin, lui qui a été si malmené.

Le travail psychothérapeutique consiste donc à décomposer la fixation, la régression, à ne plus faire jouer au corps ce rôle de compensation narcissique : je ne m’aime pas (pour quelles raisons ??) ou un tel ne m’aime pas (qui ? quelle situation ? et donc je m’offre une apparence « aimable », je montre que je maîtrise la situation, que je sais me tenir, me contenir.

Comprendre quelles blessures profondes sont à la source de ce détournement de la pulsion de vie. 

Il consiste à retrouver les chemins de ses émotions vraies, profondes, authentiques. Pour pouvoir ensuite pratiquer l’échange avec l’extérieur, un échange qui ne soit pas seulement fait de frustrations et de demandes inassouvies. Et retrouver aussi un échange avec son propre corps, qui a été court circuité, nié, prié de se faire oublier, est devenu symbole.

Le travail psychique permet de restructurer la personnalité, de renouer les fils perdus, de quitter l’isolement (d’avec soi-même, d’avec les autres.)

L’enjeu d’un travail psychothérapeutique est de retrouver l’unité corps esprit.

De retrouver son unité globale d’être, qui s’exprime par différents canaux, différentes approches. Pour se reconnecter avec sa richesse intérieure, perdue elle aussi au milieu de ces obsessions ravageuses.

Un travail psychothérapeutique ne se décrète pas de l’extérieur. La conviction de la nécessité de l’entreprendre naît au fur et à mesure d’un cheminement personnel déjà en cours. Quand une écoute de soi-même, de son besoin profond, commence à émerger…

Ce chemin est par essence ardu, escarpé, il demande du courage, de la ténacité.

Nous savons que vous n’en manquez pas.

Geneviève A.